Facturer selon son statut : quelles sont les mentions obligatoires ?
La facturation est une étape incontournable de la vie d'une entreprise. Que vous éditiez vos factures vous-même ou via un logiciel de facturation, c'est à vous de vérifier si les informations sont correctes, afin de vous épargner un manquement. Nous vous proposons une checklist, statut par statut, des mentions obligatoires en 2026. Bonne lecture !
Faire une facture en 2026 : l'essentiel à connaître
En 2026, la facture est un document fiscal obligatoire pour toute vente de biens ou prestation de services entre professionnels et dans de nombreux cas avec des particuliers.
Quelques principes clés à retenir :
une facture doit comporter un certain nombre de mentions précises, définies par la loi ;
ces mentions dépendent à la fois de votre statut juridique, de votre régime de TVA, et du type de client (professionnel ou particulier) ;
une facture mal rédigée peut être considérée comme non conforme, même si la prestation a bien été réalisée.
Bon à savoir
Le socle des mentions obligatoires est largement commun, quel que soit le statut. Les différences sont finalement assez ciblées.
Qu'est-ce qu'une mention obligatoire ?
Une mention obligatoire est une information qui doit impérativement apparaître sur une facture pour qu’elle soit juridiquement valable.
Ces mentions permettent notamment :
d’identifier clairement le vendeur et le client ;
de décrire précisément la prestation ou le produit ;
de déterminer le montant dû, avec ou sans TVA et la date à laquelle vous devez livrer votre bien ou réaliser votre prestation ;
d’assurer la traçabilité comptable et fiscale (via le numéro de la facture).
Nous préférons vous informer dès le début de cet article, l’absence d’une mention obligatoire peut entraîner :
Un rejet automatique d’envoi de votre plateforme agréée (votre plateforme bloquera automatiquement une facture dont les mentions ne sont pas correctes ou complètes)
Un rejet de facture par votre client
Des difficultés en cas de contrôle fiscal
Une amende administrative
Cette dernière est fixée à 15 € par élément erroné ou manquant pour chaque facture. Elle est plafonnée à 1/4 du montant total de la facture (Article 1737 du CGI et Article L441-9 du Code de Commerce).
En cas de sanction pénale, vous vous exposez à :
Une amande allant jusqu'à 75 000 euros lors de votre premier manquement
150 000 euros si vous réitérez l’erreur : c’est-à-dire si vous oubliez de facturer un autre client dans les deux ans suivant la première amende
Quelles sont les mentions obligatoires identiques à tous les statuts ?
Quel que soit votre statut (micro-entreprise, EI, SASU, EURL), ces mentions sont toujours obligatoires. Ces éléments constituent le socle légal de toute facture, quelle que soit votre situation.
Voici une check-list commune, à vérifier sur toutes vos factures
Nom ou dénomination du vendeur
Adresse du vendeur
Numéro SIREN (et SIRET en pratique)
Identité du client (nom ou dénomination + adresse si nécessaire)
Numéro de facture unique et chronologique
Date d’émission de la facture
Date de la vente ou de la prestation (ou période concernée)
Désignation précise des biens ou prestations
Quantité et prix unitaire
Montant total à payer
Réductions ou remises éventuelles
Facturer en auto-entreprise
Une auto-entreprise est un régime, pas une forme juridique. Vous êtes juridiquement entrepreneur individuel (EI).
Check-list facture : auto-entrepreneur
Nom et prénom
Mention « Entrepreneur individuel » ou « EI »
Adresse
Numéro SIREN
Numérotation de facture unique
Détail des prestations ou produits
Montant total
Mention obligatoire si franchise en base de TVA :
« TVA non applicable, art. 293 B du CGI »
De nombreux auto-entrepreneurs sont concernés par cette mention de TVA.
Pour rappel, en micro-entreprise, vous ne déclarez que votre chiffre d'affaires encaissé. Ce qui signifie que toute facture émise mais non réglée n'est pas intégrée à votre comptabilité.
Facturer en entreprise individuelle
En EI hors micro-entreprise, les règles sont très proches… sauf sur la TVA.
Check-list facture : entreprise individuelle
Nom et prénom
Mention « Entrepreneur individuel » ou « EI »
Adresse
Numéro SIREN
Numéro de facture et date
Détail des prestations
Total HT et TTC
TVA :
Soit facturée (avec taux et montant),
Soit mention 293 B du CGI si franchise en base
Facturer en EURL
L’EURL ou Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée est une société, même avec un seul associé. Certaines mentions deviennent obligatoires.
Check-list facture : EURL
Dénomination sociale
Forme juridique : EURL
Adresse du siège social
Numéro SIREN
Montant du capital social
Numéro et date de facture
Détail des prestations
Total HT, TVA, total TTC
Numéro de TVA intracommunautaire (si applicable)
Facturer en SASU
La SASU ou Société à Responsabilité Limitée suit des règles très proches de l’EURL.
Check-list facture : SASU
Dénomination sociale
Forme juridique : SASU
Adresse du siège social
Numéro SIREN
Capital social
Numérotation de facture
Détail des prestations
Montant HT, TVA, TTC
Numéro de TVA intracommunautaire (si concerné)
Tableau comparatif pour tous les freelances
Information importante
Les factures doivent être conservées pendant une durée réglementaire de 10 ans.
Mentions / éléments sur la facture | Micro-entreprise (EI au régime micro) | EI “classique” (hors micro) | SASU (SAS) | EURL (SARL) |
|---|---|---|---|---|
Nom / Dénomination du vendeur | Nom + prénom (+ nom commercial s'il y en a un) | Nom + prénom (+ nom commercial s'il y en a un) | Dénomination sociale | Dénomination sociale |
Mention du statut | « Entrepreneur individuel » ou « EI » | « Entrepreneur individuel » ou « EI » | Forme : « SASU » / « SAS » | Forme : « EURL » / « SARL » |
Adresse du vendeur | Oui (adresse de domiciliation) | Oui (adresse de domiciliation) | Siège social (oui) | Siège social (oui) |
N° SIREN / SIRET | SIREN (et souvent SIRET en pratique) | SIREN (et souvent SIRET en pratique) | SIREN (et SIRET) | SIREN (et SIRET) |
RCS / RM / RNE (si applicable) | Selon immatriculation (mention du registre si concerné) | Selon immatriculation (mention du registre si concerné) | Immatriculation (RCS) | Immatriculation (RCS) |
Identité du client | Nom ou raison sociale (pour les entreprises) et les coordonnées du client (sauf opposition de sa part pour un particulier) + adresse de facturation et livraison | Nom ou raison sociale (pour les entreprises) et les coordonnées du client (sauf opposition de sa part pour un particulier) + adresse de facturation et livraison | Nom ou raison sociale (pour les entreprises) et les coordonnées du client (sauf opposition de sa part pour un particulier) + adresse de facturation et livraison | Nom ou raison sociale (pour les entreprises) et les coordonnées du client (sauf opposition de sa part pour un particulier) + adresse de facturation et livraison |
Numéro de facture | Oui (numérotation unique et chronologique) | Oui | Oui | Oui |
Numéro du bon de commande | Oui s'il y en a un | Oui s'il y en a un | Oui s'il y en a un | Oui s'il y en a un |
Date d’émission de la facture | Oui | Oui | Oui | Oui |
Date de vente / prestation | Oui (ou période / ou date d’acompte) | Oui | Oui | Oui |
Détail de réalisation des prestations / de livraison des biens | Oui (désignation, quantité, prix unitaire affiché HT, remise s'il y en a une) | Oui (désignation, quantité, prix unitaire affiché HT, remise s'il y en a une) | Oui (désignation, quantité, prix unitaire affiché HT, remise s'il y en a une) | Oui (désignation, quantité, prix unitaire affiché HT, remise s'il y en a une) |
Réductions / remises | Oui si accordées | Oui si accordées | Oui si accordées | Oui si accordées |
Total hors taxes (HT) | Oui si en franchise de TVA | Oui | Oui | Oui |
taux de TVA applicable et montant toutes taxes comprises (TTC) | Seulement si redevable | Si redevable | En général oui (si redevable) | En général oui (si redevable) |
Mention “TVA non applicable – art. 293 B CGI” | Oui si franchise en base (cas fréquent) | Oui si franchise en base | Oui si franchise en base (cas plus rare) | Oui si franchise en base (cas plus rare) |
N° de TVA intracommunautaire | Si redevable TVA (ou situations où il existe/est requis) | Si redevable TVA | Le plus souvent oui (si redevable) | Le plus souvent oui (si redevable) |
Capital social | Non | Non | Oui | Oui |
Conditions de paiement (échéance, pénalités en cas de retard, indemnité forfaitaire B2B…) | À prévoir | À prévoir | À prévoir | À prévoir |
Nouvelles mentions obligatoires à compter de 2027
La facturation électronique sera obligatoire pour toutes les entreprises assujetties à la TVA en France :
À partir du 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire,
À partir du 1er septembre 2027 pour les petites et moyennes entreprises.
Les factures électroniques devront inclure de nouvelles mentions obligatoires :
Le numéro de SIREN du fournisseur et du client,
La date d’émission de la facture,
L’adresse complète de livraison du bien ou du service si différente de l’adresse du client,
Le paiement de la TVA sur les débits, lorsque le prestataire a opté pour celui-ci.
Pour mieux anticiper la réforme, consultez aussi notre article sur la facturation électronique en 2026
Pour plus de clarté
La règle normale, sans option
Pour les prestations de services, la TVA est normalement due au moment de l’encaissement du paiement.
Donc l’entreprise déclare la TVA quand elle reçoit l’argent du client.
Avec l’option « TVA d’après les débits »
Si l’entreprise choisit cette option, la TVA est due dès l’émission de la facture, même si le client n’a pas encore payé.
Opter pour le paiement de la taxe d’après les débits permet de simplifier l’e-reporting, car la TVA devient exigible dès l’émission de la facture, et non au moment du paiement.
L’entreprise doit donc seulement transmettre les données de facturation, sans avoir à déclarer les encaissements (paiements) dans son obligation d’e-reporting. Cela évite de gérer les paiements partiels, multiples ou tardifs, ce qui réduit la complexité technique et les risques d’erreurs dans la transmission des données de TVA.
Facturer légalement avec une plateforme agréée
Avec l’entrée en vigueur progressive de la facturation électronique à partir de 2026, la conformité des factures ne repose plus uniquement sur les mentions obligatoires.
Elle dépend aussi de l’outil utilisé pour créer, transmettre et conserver ces factures.
À terme, un simple logiciel de facturation ne suffira plus pour répondre à l’ensemble des obligations légales, notamment en matière de transmission et de traçabilité des données.
Pourquoi une plateforme agréée change la donne en 2026 ?
Une plateforme agréée a vocation à vous aider à respecter les obligations liées à la facturation électronique, notamment :
l’émission de factures électroniques dans un format conforme au cadre réglementaire,
la réception de factures électroniques,
la transmission des données attendues (selon votre situation : e-invoicing et, le cas échéant, e-reporting),
la traçabilité et la conservation des factures.
Pour un micro-entrepreneur, l’enjeu est simple : éviter les erreurs, limiter les manipulations, et rester conforme sans complexifier sa gestion.
Solo : un logiciel de facturation dédié aux micro-entrepreneurs
Solo est conçue pour répondre aux besoins concrets des micro-entrepreneurs, avec une approche orientée « simplicité + conformité ».
Concrètement, Solo vous permet :
la création de devis et factures en intégrant les mentions obligatoires utiles à votre activité (micro-entreprise, franchise en base, etc.),
de fiabiliser votre facturation au quotidien (numérotation, dates, libellés, totaux),
la gestion de la TVA lorsque vous êtes concerné, et rester cohérent lorsque vous ne l’êtes pas encore,
de vous préparer à la facturation électronique 2026 en vous appuyant sur une plateforme pensée pour ce nouveau cadre.
Pour passer à l’action, découvrez aussi comment faire une facture électronique simplement.
Une conformité qui réduit la charge mentale
En micro-entreprise, le risque le plus fréquent n’est pas la fraude : ce sont les oublis, les modèles incomplets, les mentions inadaptées ou les réglages TVA mal appliqués.
S’appuyer sur une plateforme dédiée comme Solo, c’est limiter ces erreurs et garder une facturation claire, cohérente et exploitable, sans devoir « devenir expert » du sujet.
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Facturer selon le statut : les questions fréquentes
Comment facturer si mes clients sont des particuliers ?
Si vous facturez des particuliers, la logique reste la même : la facture doit être complète et conforme.
En pratique :
vous n’êtes pas toujours obligé d’émettre une facture systématiquement, mais c’est fortement recommandé (preuve, garantie, litige),
si une facture est émise, elle doit contenir les mentions obligatoires comme pour un client professionnel,
en micro-entreprise, la mention TVA (293 B) reste applicable si vous êtes en franchise en base.
Pour simplifier votre gestion au quotidien, découvrez notre solution de facturation électronique.
Dans quels cas une facture n’est pas obligatoire ?
Une facture est obligatoire dans la plupart des ventes/prestations entre professionnels (B2B).
Elle peut être non obligatoire dans certains cas lorsque vous vendez ou réalisez une prestation à un particulier (B2C), selon la nature de l’opération et les pratiques du secteur.
En revanche, même quand elle n’est pas strictement obligatoire, établir une facture (ou au minimum un justificatif) reste un réflexe utile : c’est votre meilleure preuve en cas d’impayé, de contestation ou de contrôle.
Auteurs
Titulaire d’un double diplôme en conception-rédaction, Léonie souhaite accorder une place majeure à l’écriture dans sa vie professionnelle. Elle rejoint l’équipe en charge du blog et de l’académie, pour faciliter l’accessibilité des contenus du Portail Auto-Entrepreneur.
Juriste spécialisé en droit des affaires et en propriété intellectuelle, Tom cumule six années d’expérience en cabinet et en entreprise. Diplômé d’un Master en Droit des affaires à la Sorbonne et d’un Master en Droit de la PI au CEIPI, il a participé à la création de nombreuses entreprises sous différentes formes juridiques (SAS, SARL, SCI, holdings etc..). Passionné par les enjeux liés à la création d’entreprise, et notamment au statut de micro-entrepreneur, il accompagne les porteurs de projets avec précision et pédagogie afin de leur offrir un cadre juridique fiable et propice au développement de leurs activités.
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