Régime micro-BIC et régime micro-BNC : dans quelle catégorie se situe votre activité ?
Lorsqu'on crée une micro-entreprise, une question revient rapidement : faut-il déclarer son activité en BIC ou en BNC ? Ces deux sigles désignent les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et les bénéfices non commerciaux (BNC). Ils servent à déterminer le régime fiscal applicable à votre activité et influencent directement votre plafond de chiffre d'affaires, votre abattement fiscal et votre déclaration de revenus. Pour un auto-entrepreneur, comprendre la différence entre micro-BIC et micro-BNC permet d'éviter les erreurs déclaratives et de mieux anticiper son imposition. La bonne nouvelle : dans la plupart des cas, identifier sa catégorie fiscale est assez simple. Tout dépend de la nature de l'activité exercée.
Les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) concernent les activités commerciales, artisanales et certaines prestations de services
Les bénéfices non commerciaux (BNC) regroupent principalement les professions libérales et les activités intellectuelles
La catégorie fiscale détermine l'abattement appliqué pour calculer l'impôt sur le revenu
Les plafonds de chiffre d'affaires diffèrent selon le type d'activité exercée
Le classement en BIC ou BNC est déterminé automatiquement par l'administration
En cas d'activité mixte, il est nécessaire de distinguer les différentes sources de chiffre d'affaires
BIC | BNC | |
|---|---|---|
Type d'activité | Commerciale, artisanale, industrielle | Libérale, intellectuelle, conseil |
Exemples | E-commerce, artisan, restaurateur, commerçant | Consultant, développeur, rédacteur, coach |
Régime fiscal | Micro-BIC | Micro-BNC |
Abattement | 71 % ou 50 % | 34 % |
Déclaration | 2042-C-PRO | 2042-C-PRO |
BIC ou BNC : quelle différence dans le régime fiscal de la micro-entreprise ?
Les BIC et BNC sont deux catégories utilisées par le Code général des impôts pour classer les revenus des travailleurs indépendants.
Cette distinction existe quel que soit le statut de l'entrepreneur. Elle permet à l'administration fiscale de déterminer le régime fiscal applicable, le mode de calcul de l'impôt sur le revenu et les obligations déclaratives associées.
Pour une micro-entreprise, la différence est particulièrement importante puisqu'elle conditionne :
Le régime micro-BIC ou micro-BNC
L'abattement fiscal appliqué
Certains plafonds de chiffre d'affaires
Les modalités de déclaration des revenus
L'éventuel passage vers un régime réel d'imposition.
En pratique, la frontière repose principalement sur la nature de l'activité.
Les bénéfices industriels et commerciaux
Concernent les activités commerciales, artisanales ou de vente.
Les bénéfices non commerciaux
Concernent les professions libérales, les activités intellectuelles et certaines prestations de conseil.
Les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) : quelles activités sont concernées ?
Les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) regroupent les revenus tirés d'activités commerciales, artisanales ou industrielles. Cette catégorie est définie principalement par les articles 34 et 35 du Code général des impôts.
Relèvent notamment des BIC :
L'achat-revente de marchandises
L'e-commerce
Les activités de restauration
Les activités artisanales
Certaines activités d'hébergement
Les prestations de services commerciales
La location meublée
De manière générale, une activité relève des BIC lorsqu'elle consiste à vendre des biens, fabriquer ou transformer des produits, ou fournir une prestation à caractère commercial.
Exemples d'activités relevant des BIC
Activité | Catégorie |
|---|---|
Boutique en ligne | Vente de marchandises |
Commerçant | Vente de biens |
Artisan plombier | Activité artisanale |
Électricien | Activité artisanale |
Menuisier | Activité artisanale |
Coiffeur | Activité artisanale |
Restaurateur | Activité commerciale |
Chauffeur VTC | Prestation de services commerciale |
Livreur indépendant | Prestation de services commerciale |
Agent commercial | Activité commerciale |
Loueur en meublé | Location meublée |
Cas particulier : la location meublée
La location de meublés constitue une exception souvent méconnue.
Même lorsqu'elle est exercée par un particulier, elle relève fiscalement des bénéfices industriels et commerciaux et non des revenus fonciers.
Les revenus issus d'une location meublée peuvent ainsi être soumis au régime micro-BIC, sous réserve du respect des conditions prévues par l'administration fiscale.
Lorsque l'activité repose principalement sur la vente de marchandises, la fabrication d'un bien ou une prestation de services à caractère commercial, elle relève généralement du régime des bénéfices industriels et commerciaux BIC.
Les bénéfices non commerciaux (BNC) : quelles professions relèvent du micro-BNC ?
Les bénéfices non commerciaux (BNC) regroupent principalement les revenus issus des professions libérales et des activités intellectuelles. Cette catégorie est définie par l'article 92 du Code général des impôts.
Contrairement aux activités relevant des BIC, les revenus classés en BNC proviennent généralement d'une prestation fondée sur l'expertise, les connaissances, la création intellectuelle ou l'accompagnement d'un client.
On y retrouve notamment :
Les consultants
Les coachs
Les formateurs
Les développeurs web
Les graphistes
Les rédacteurs web
Les traducteurs
Les community managers
Les professions libérales réglementées
Exemples de professions relevant des BNC
Profession | Catégorie fiscale |
|---|---|
Consultant | BNC |
Développeur web | BNC |
Graphiste | BNC |
Rédacteur web | BNC |
Traducteur | BNC |
Coach | BNC |
Formateur | BNC |
Architecte | BNC |
Psychologue | BNC |
Ostéopathe | BNC |
Dans la majorité des cas, les activités de conseil, d'accompagnement, de création de contenu ou de prestation intellectuelle relèvent donc du régime micro-BNC.
BNC : une catégorie fiscale particulièrement large
Les bénéfices non commerciaux couvrent un périmètre très vaste. Ils regroupent notamment :
Les professions libérales réglementées
Les professions libérales non réglementées
Certaines activités artistiques
Certains revenus issus de droits d'auteur
De nombreuses activités de conseil, de formation ou d'accompagnement
Cette diversité explique pourquoi la qualification fiscale d'une activité n'est pas toujours évidente.
Par exemple, un développeur web, un consultant en stratégie ou un graphiste relèvent généralement des BNC, tandis qu'un artisan réalisant une prestation manuelle ou un commerçant vendant des produits seront le plus souvent imposés dans la catégorie des BIC.
En cas de doute, il est recommandé de vérifier la nature réelle de l'activité déclarée lors de la création de l'entreprise. La catégorie fiscale retenue aura des conséquences sur le régime micro applicable, l'abattement fiscal et certaines obligations déclaratives.
Comment savoir si votre activité relève des BIC ou des BNC ?
Lors de votre création d'entreprise, l'INSEE et l'Urssaf attribuent automatiquement un code APE correspondant à votre activité principale.
Ce classement permet généralement d'identifier si vous relevez du régime micro-BIC ou du régime micro-BNC.
Le tableau suivant permet de repérer rapidement votre catégorie fiscale.
Votre activité | Catégorie fiscale | Régime applicable |
|---|---|---|
E-commerce | BIC | Micro-BIC |
Vente en ligne | BIC | Micro-BIC |
Artisan du bâtiment | BIC | Micro-BIC |
Coiffeur | BIC | Micro-BIC |
Restaurateur | BIC | Micro-BIC |
Agent commercial | BIC | Micro-BIC |
Consultant | BNC | Micro-BNC |
Développeur web | BNC | Micro-BNC |
Graphiste | BNC | Micro-BNC |
Rédacteur web | BNC | Micro-BNC |
Formateur | BNC | Micro-BNC |
Coach | BNC | Micro-BNC |
Traducteur | BNC | Micro-BNC |
Les activités qui prêtent le plus souvent à confusion
Certaines professions se situent à la frontière entre plusieurs catégories fiscales.
Le photographe
Selon la nature exacte de l'activité exercée, la qualification fiscale peut varier. Une activité artistique, une activité de prestation ou certains revenus liés à la propriété intellectuelle peuvent relever de règles différentes.
Le développeur
Dans la majorité des cas, le développeur freelance relève des bénéfices non commerciaux. Certaines activités numériques combinant prestations intellectuelles et commercialisation de logiciels peuvent toutefois nécessiter une analyse spécifique.
Le formateur
Même lorsqu'il travaille principalement avec des entreprises, le formateur reste généralement rattaché aux bénéfices non commerciaux BNC.
L'agent commercial
Malgré sa dimension de conseil et d'intermédiation, l'agent commercial indépendant relève habituellement des bénéfices industriels et commerciaux BIC.
En cas de doute
Le classement en BIC ou BNC peut avoir des conséquences sur votre régime fiscal, votre déclaration de revenus et votre imposition.
Si votre situation n'entre pas clairement dans les catégories présentées ci-dessus, le plus prudent reste de solliciter votre Service des impôts des entreprises (SIE) afin d'obtenir une confirmation adaptée à votre activité.
Que faire si vous exercez plusieurs activités ?
Il n'est pas rare qu'un entrepreneur exerce plusieurs activités simultanément.
Par exemple :
Vente de formations et prestations de conseil
Boutique en ligne et accompagnement professionnel
Développement web et vente de logiciels
Dans cette situation, il est généralement nécessaire de distinguer les différentes catégories de chiffre d'affaires.
Chaque activité conserve ses propres règles fiscales et peut relever d'un traitement différent dans la déclaration annuelle.
Tenir une facturation claire et une comptabilité rigoureuse dès le départ facilite grandement la gestion d'une activité mixte.
Micro-BIC ou micro-BNC : quel impact sur l'impôt sur le revenu ?
Une fois votre catégorie fiscale identifiée, une autre question se pose : qu'est-ce que cela change concrètement ?
Pour un auto-entrepreneur, la distinction entre micro-BIC et micro-BNC influence principalement :
Le calcul de l'impôt sur le revenu
L'abattement fiscal appliqué au chiffre d'affaires
Le revenu imposable retenu par l'administration
Les plafonds de chiffre d'affaires du régime micro
Les règles applicables en cas de dépassement de ces plafonds
Le principe reste toutefois identique dans les deux cas : vous déclarez votre chiffre d'affaires brut et l'administration applique automatiquement un abattement forfaitaire représentatif de vos charges professionnelles.
Vous ne pouvez donc pas déduire vos dépenses réelles, contrairement aux entrepreneurs soumis à un régime réel d'imposition.
Micro-BIC : un abattement de 71 % ou 50 % selon l'activité
Prévu par l'article 50-0 du Code général des impôts, le régime micro-BIC distingue deux catégories d'activités.
Vente de marchandises et fourniture de logement : abattement de 71 %
Les activités de :
Vente de marchandises
Commerce
E-commerce
Fourniture de logement
bénéficient d'un abattement forfaitaire de 71 %.
Autrement dit, seuls 29 % du chiffre d'affaires sont retenus pour le calcul de l'impôt sur le revenu.
Exemple
Une micro-entreprise réalise 30 000 € de chiffre d'affaires grâce à la vente de produits en ligne.
Chiffre d'affaires déclaré : 30 000 €
Abattement : 71 %
Montant de l'abattement : 21 300 €
Revenu imposable : 8 700 €
L'administration applique automatiquement cet abattement lors du calcul de votre impôt.
Prestations de services BIC : abattement de 50 %
Les prestations de services relevant des bénéfices industriels et commerciaux bénéficient d'un abattement de 50 %.
Cela concerne notamment :
Les artisans
Les coiffeurs
Les électriciens
Les plombiers
Les entreprises de nettoyage
Certaines prestations commerciales
Exemple
Un artisan réalise 30 000 € de chiffre d'affaires annuel.
Chiffre d'affaires déclaré : 30 000 €
Abattement : 50 %
Revenu imposable : 15 000 €
Micro-BNC : un abattement unique de 34 %
Régi par l'article 102 ter du Code général des impôts, le régime micro-BNC fonctionne sur le même principe mais prévoit un taux unique d'abattement de 34 %.
Ainsi, 66 % du chiffre d'affaires restent soumis à l'impôt sur le revenu.
Cette règle concerne la majorité des professions libérales et des activités intellectuelles, notamment :
Les consultants
Les développeurs web
Les graphistes
Les rédacteurs web
Les coachs
Les formateurs
Les traducteurs
Exemple
Un consultant indépendant réalise 30 000 € de chiffre d'affaires annuel.
Chiffre d'affaires déclaré : 30 000 €
Abattement : 34 %
Revenu imposable : 19 800 €
Quel que soit votre régime fiscal, l'administration applique un abattement minimum de 305 €.
Micro-BIC et micro-BNC : tableau comparatif
Micro-BIC vente | Micro-BIC services | Micro-BNC | |
|---|---|---|---|
Catégorie fiscale | BIC | BIC | BNC |
Abattement | 71 % | 50 % | 34 % |
Chiffre d'affaires déclaré | Brut | Brut | Brut |
Revenu imposable pour 30 000 € de CA | 8 700 € | 15 000 € | 19 800 € |
Régime applicable | Régime micro-BIC | Régime micro-BIC | Régime micro-BNC |
Ce tableau illustre pourquoi deux auto-entrepreneurs réalisant le même chiffre d'affaires peuvent avoir un revenu imposable très différent.
Abattements et plafonds : les chiffres clés du micro-BIC et du micro-BNC en 2026
La catégorie fiscale de votre activité n'influence pas seulement votre abattement fiscal. Elle détermine également les plafonds de chiffre d'affaires applicables pour continuer à bénéficier du régime micro-entrepreneur.
Tableau récapitulatif micro-BIC et micro-BNC en 2026
Type d'activité | Catégorie fiscale | Plafond de chiffre d'affaires | Abattement fiscal | Revenu imposable pour 30 000 € de CA |
|---|---|---|---|---|
Vente de marchandises et fourniture de logement | BIC | 203 100 € | 71 % | 8 700 € |
Prestations de services commerciales ou artisanales | BIC | 83 600 € | 50 % | 15 000 € |
Professions libérales et activités intellectuelles | BNC | 83 600 € | 34 % | 19 800 € |
Bon à savoir : les plafonds de chiffre d'affaires s'apprécient sur une année civile. En cas de création d'activité en cours d'année, ils sont calculés au prorata de la durée d'activité..
Les plafonds de chiffre d'affaires s'apprécient sur une année civile. En cas de création d'activité en cours d'année, ils sont calculés au prorata de la durée d'activité..
Pourquoi ces plafonds sont-ils importants ?
Le respect des plafonds permet de conserver les principaux avantages du régime micro :
Une comptabilité simplifiée
L'absence de bilan comptable annuel
Un calcul forfaitaire du revenu imposable
Des obligations administratives allégées
Tant que votre chiffre d'affaires reste inférieur aux seuils applicables, vous continuez à bénéficier du régime micro-BIC ou du régime micro-BNC.
Que se passe-t-il en cas de dépassement des plafonds ?
Le dépassement d'un plafond n'entraîne pas automatiquement une sortie du régime micro.
L'administration applique un mécanisme de tolérance :
Dépassement sur une seule année civile : vous conservez le régime micro l'année suivante.
Dépassement sur deux années civiles consécutives : vous basculez vers un régime réel d'imposition à compter de la troisième année.
Concrètement, ce changement implique notamment :
Une comptabilité plus complète
L'établissement de documents comptables supplémentaires
La possibilité de déduire les charges réellement engagées
Des obligations déclaratives plus importantes
Ce n'est pas forcément un inconvénient : lorsque les frais professionnels sont élevés, le régime réel peut parfois être plus avantageux fiscalement que le régime micro.
Activité mixte : attention aux règles spécifiques
Certaines micro-entreprises cumulent plusieurs activités, par exemple :
Vente de marchandises et conseil
E-commerce et prestations de services
Formation et vente de contenus numériques
Dans cette situation, vous devez distinguer le chiffre d'affaires réalisé pour chaque activité afin d'appliquer les bons plafonds et les bons abattements.
Une gestion rigoureuse de la facturation permet généralement de suivre facilement cette répartition.
Attention : confusion fréquente
Les plafonds du régime micro ne doivent pas être confondus avec les seuils de franchise en base de TVA. Vous pouvez devenir redevable de la TVA tout en continuant à bénéficier du régime micro-entrepreneur. Les seuils de TVA étant distincts et généralement plus bas, il est important de suivre ces deux dispositifs séparément.
Que se passe-t-il si vous dépassez les plafonds du régime micro ?
Le dépassement du plafond n'entraîne pas automatiquement la sortie du régime micro dès la première année.
L'administration prévoit un mécanisme de tolérance.
Dépassement sur une seule année
Si votre chiffre d'affaires dépasse le seuil applicable une année donnée, vous conservez généralement le bénéfice du régime micro l'année suivante.
Dépassement sur deux années consécutives
Lorsque les plafonds sont dépassés pendant deux années civiles successives, vous quittez le régime micro.
Votre entreprise bascule alors vers un régime fiscal plus complet.
Régime réel ou déclaration contrôlée : que se passe-t-il après le régime micro ?
La sortie du régime micro ne signifie pas nécessairement une mauvaise nouvelle.
Selon votre niveau de charges, un autre régime fiscal peut parfois devenir plus intéressant.
Pour les activités relevant des BIC
Les entrepreneurs relevant des bénéfices industriels et commerciaux peuvent être soumis :
Au régime réel simplifié
Ou au régime réel normal.
Dans ces régimes, l'impôt est calculé sur le bénéfice réel de l'entreprise.
Les charges professionnelles deviennent alors déductibles :
Matériel
Véhicule
Loyer
Logiciels
Assurances
Sous-traitance
Frais professionnels
Pour les activités relevant des BNC
Les entrepreneurs relevant des bénéfices non commerciaux basculent généralement vers le régime de la déclaration contrôlée.
Le principe est similaire :
Tenue d'une comptabilité plus détaillée
Conservation des justificatifs
Calcul du bénéfice réel
Déduction des dépenses professionnelles.
Quelles sont les nouvelles obligations comptables ?
Le passage à un régime réel implique davantage de formalités.
L'entrepreneur doit notamment :
Tenir une comptabilité complète
Enregistrer les recettes et les dépenses
Conserver les pièces justificatives
Produire des déclarations fiscales plus détaillées
Calculer son résultat réel.
Selon la complexité de l'activité, l'accompagnement d'un expert-comptable peut devenir pertinent.
BIC ou BNC : quelles cases remplir dans la déclaration 2042-C-PRO ?
Chaque année, les revenus de votre micro-entreprise doivent être reportés dans la déclaration complémentaire 2042-C-PRO, en plus de votre déclaration de revenus classique.
Cette étape permet à l'administration fiscale d'appliquer automatiquement l'abattement correspondant à votre régime fiscal : micro-BIC ou micro-BNC.
L'erreur la plus fréquente consiste à déclarer un revenu déjà diminué de l'abattement. Or, vous devez toujours déclarer votre chiffre d'affaires brut, c'est-à-dire le montant encaissé avant toute déduction.
L'administration calcule ensuite elle-même le revenu imposable.
Quelles cases utiliser selon votre activité ?
Régime fiscal | Déclarant 1 | Déclarant 2 |
|---|---|---|
Micro-BIC vente de marchandises | 5KO | 5LO |
Micro-BIC prestations de services | 5KP | 5LP |
Micro-BNC | 5HQ | 5IQ |
Exemple
Vous êtes développeur web freelance et relevez du micro-BNC.
Vous avez encaissé 30 000 € sur l'année.
Vous devez inscrire :
30 000 € en case 5HQ
Aucun calcul d'abattement à effectuer
Aucune déduction à appliquer.
L'administration appliquera automatiquement l'abattement de 34 % avant de calculer votre impôt sur le revenu.
Déclaration Urssaf et déclaration fiscale : ne pas les confondre
Une confusion est fréquente chez les nouveaux auto-entrepreneurs.
La déclaration effectuée auprès de l'Urssaf ne remplace pas votre déclaration fiscale annuelle.
Vous devez réaliser :
Tout au long de l'année
Une déclaration de chiffre d'affaires auprès de l'Urssaf :
Chaque mois
Ou chaque trimestre
Cette déclaration permet de calculer :
Les cotisations sociales
La contribution à la formation professionnelle
Le versement libératoire lorsqu'il a été choisi.
Même en l'absence de chiffre d'affaires, la déclaration reste obligatoire.
Pour comprendre les différentes échéances applicables à votre activité, vous pouvez également consulter notre guide sur le régime micro-social mensuel ou trimestriel.
Une fois par an
Une déclaration de revenus auprès de l'administration fiscale.
Cette déclaration permet de calculer votre impôt sur le revenu en tenant compte :
De votre situation familiale
De vos autres revenus éventuels
Des revenus issus de votre micro-entreprise.
Le versement libératoire : une option fiscale à connaître
Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu est un dispositif accessible à certains micro-entrepreneurs sous conditions.
Son principe est simple :
au lieu d'être imposé selon le barème progressif de l'impôt sur le revenu, vous payez un pourcentage fixe directement lors de vos déclarations Urssaf.
L'impôt est alors réglé au fur et à mesure de l'encaissement du chiffre d'affaires.
Quels sont les taux du versement libératoire ?
Activité | Taux |
|---|---|
Vente de marchandises | 1 % |
Prestations de services BIC | 1,7 % |
Activités libérales BNC | 2,2 % |
Ce prélèvement s'ajoute aux cotisations sociales.
Exemple
Un consultant relevant du micro-BNC réalise 2 000 € de chiffre d'affaires sur un mois.
S'il a opté pour le versement libératoire :
Impôt sur le revenu : 44 € (2,2 %) ;
Cotisations sociales : calculées séparément selon le taux applicable.
Le versement libératoire est-il toujours intéressant ?
Pas nécessairement.
Son intérêt dépend notamment :
De votre revenu fiscal de référence
De votre situation familiale
De vos autres revenus
De votre tranche marginale d'imposition.
Pour certains entrepreneurs, le versement libératoire permet de simplifier la gestion fiscale.
Pour d'autres, le barème classique de l'impôt sur le revenu reste plus avantageux.
Avant de choisir cette option, il est recommandé d'effectuer une simulation.
BIC ou BNC et cotisations sociales : quel impact ?
Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas directement la catégorie fiscale BIC ou BNC qui détermine vos cotisations sociales.
L'Urssaf tient principalement compte de la nature de l'activité exercée.
On distingue généralement :
Les activités de vente
Les prestations de services commerciales ou artisanales
Les activités libérales.
Chaque catégorie est associée à un taux spécifique.
C'est pourquoi deux auto-entrepreneurs réalisant le même chiffre d'affaires peuvent payer des cotisations sociales différentes.
Les taux évoluant régulièrement, il convient de vérifier ceux applicables au moment de votre déclaration sur le site de l'Urssaf.
BIC ou BNC : les erreurs les plus fréquentes
Croire qu'il est possible de choisir sa catégorie fiscale
Le classement en bénéfices industriels et commerciaux ou en bénéfices non commerciaux dépend exclusivement de la nature de l'activité exercée.
Il ne s'agit pas d'un choix d'optimisation fiscale.
Déclarer un montant après abattement
L'administration applique automatiquement l'abattement.
Vous devez toujours déclarer votre chiffre d'affaires brut.
Confondre plafond micro et seuil de TVA
Les plafonds du régime micro ne correspondent pas aux seuils de franchise en base de TVA.
Il est donc possible :
De rester au régime micro
Tout en devenant redevable de la TVA.
Pour mieux comprendre cette distinction, consultez également notre Guide TVA auto-entrepreneur.
Oublier de distinguer plusieurs activités
Une activité mixte nécessite un suivi rigoureux.
Si vous exercez à la fois :
Une activité de conseil
Et une activité de vente
Chaque catégorie de chiffre d'affaires doit être identifiée correctement afin d'appliquer les règles fiscales adaptées.
Ce qu'il faut retenir
Pour un auto-entrepreneur, la distinction entre BIC ou BNC est essentielle.
Elle permet de déterminer :
le régime fiscal applicable
L'abattement utilisé pour calculer l'impôt sur le revenu
Les plafonds de chiffre d'affaires à respecter
Les cases à remplir dans la déclaration 2042-C-PRO
Les conséquences d'un éventuel passage au régime réel.
Dans la majorité des situations :
Les activités commerciales, artisanales et de vente relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC)
Les activités libérales, intellectuelles et de conseil relèvent des bénéfices non commerciaux (BNC).
Identifier correctement sa catégorie dès la création de son activité permet d'éviter de nombreuses erreurs administratives et fiscales par la suite.
:format(webp))
Gérez votre activité sereinement avec Solo !
Gérez simplement votre activité au quotidien grâce à notre logiciel de facturation complet conçu pour les indépendants.
Les questions fréquentes
Dans la majorité des cas, un développeur web freelance relève des bénéfices non commerciaux (BNC).
Le développement informatique est considéré comme une activité intellectuelle relevant des professions libérales.
Le développeur est donc généralement soumis au régime micro-BNC avec un abattement de 34 %.
Les artisans relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC).
Cela concerne notamment :
Les plombiers
Les électriciens
Les menuisiers
Les peintres
Les coiffeurs
L'abattement applicable dépend ensuite de la nature exacte de l'activité exercée.
Non.
La catégorie fiscale dépend de la nature de l'activité exercée.
Il n'est pas possible de choisir librement entre micro-BIC et micro-BNC afin de bénéficier d'un abattement plus favorable.
La question est souvent posée, mais elle est en réalité mal formulée.
Le régime applicable dépend de votre activité.
En revanche, l'abattement du micro-BIC est effectivement plus élevé :
71 % pour certaines activités de vente
50 % pour les prestations de services BIC
34 % pour les activités relevant du micro-BNC.
Vous pouvez relever simultanément des deux catégories.
Dans le cas d'une activité mixte :
La vente de marchandises relève des BIC
Les prestations de conseil relèvent des BNC
Le chiffre d'affaires doit être ventilé correctement dans les déclarations fiscales et sociales.
Les cotisations sociales sont principalement déterminées par la nature de l'activité exercée.
Les activités de vente, les prestations de services et les professions libérales ne sont pas soumises aux mêmes taux.
La catégorie fiscale reste toutefois importante pour comprendre votre régime d'imposition et vos obligations déclaratives.
Oui, sous réserve de respecter les conditions d'éligibilité fixées par l'administration fiscale.
Dans ce cas, l'impôt sur le revenu est payé directement lors des déclarations de chiffre d'affaires à l'Urssaf, au taux de 2,2 % pour les activités libérales relevant des BNC.
Sources
- https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006302531
- https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006308409
- https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038836057
- https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037526066
- https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037988888
- https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F23267
- https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/1080-PGP.html
- https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/5768-PGP.html
Auteurs
Juriste spécialisé en droit des affaires et en propriété intellectuelle, Tom cumule six années d’expérience en cabinet et en entreprise. Diplômé d’un Master en Droit des affaires à la Sorbonne et d’un Master en Droit de la PI au CEIPI, il a participé à la création de nombreuses entreprises sous différentes formes juridiques (SAS, SARL, SCI, holdings etc..). Passionné par les enjeux liés à la création d’entreprise, et notamment au statut de micro-entrepreneur, il accompagne les porteurs de projets avec précision et pédagogie afin de leur offrir un cadre juridique fiable et propice au développement de leurs activités.
Juriste spécialisé en droit des affaires et en propriété intellectuelle, Tom cumule six années d’expérience en cabinet et en entreprise. Diplômé d’un Master en Droit des affaires à la Sorbonne et d’un Master en Droit de la PI au CEIPI, il a participé à la création de nombreuses entreprises sous différentes formes juridiques (SAS, SARL, SCI, holdings etc..). Passionné par les enjeux liés à la création d’entreprise, et notamment au statut de micro-entrepreneur, il accompagne les porteurs de projets avec précision et pédagogie afin de leur offrir un cadre juridique fiable et propice au développement de leurs activités.
:format(webp))
:format(webp))
:format(webp))
:format(webp))
:format(webp))